Impacts des PFAS dans les centrales photovoltaïques

Impacts des PFAS dans
les centrales photovoltaïques

 

Synthèse bibliographique
2 mars 2026, V5
Ch. Marée, #ZéroIA

 

 

Tables des matières

Introduction 3
1. Que sont les PFAS et les dangers associés ? 4
2. Des PFAS dans les panneaux photovoltaïques ? 7
3. Pollutions aux PFAS à la fabrication, à l’exploitation et à l’élimination des panneaux 9
3.1 Points clés 9
3.2 Production des polymères fluorés PFAS 10
3.3 Fabrication des panneaux 11
3.4 Utilisation des panneaux avec polymères fluorés PFAS 11
3.4.1 Le rôle des revêtements dans les modules PV et les conséquences 11
3.4.2 Quel est le volume de panneaux concernés ? 14
3.5 La fin de vie des panneaux 15
3.5.1 Deux chiffres clés 15
3.5.2 Extraits de l’étude “Recycling of solar panels – Comparison of scenarios for a more circular and safe economy” 20
3.5.3 Le recyclage en France 22
4. Impacts des centrales photovoltaïques sur les écosystèmes 24
4.1 Extraits de l’étude “Addressing chemical contamination from floating photovoltaic systems: the need for comprehensive analytical monitoring” 24
4.2 Études analysant l’impact des PFAS polymères sur l’agriculture 27
4.2.1 Potentiel de bioaccumulation dans la chaîne alimentaire 27
4.2.2 Accumulation de substances perfluorées alkylées (PFAS) dans les plantes agricoles : une revue 29
4.2.3 Analyse exploratoire de fruits et légumes en exploitations agricoles 30
4.2.4 Les substances perfluorées alkylées affectent la croissance, la physiologie et le protéome racinaire des plants de maïs cultivés en hydroponie 30
4.3 Extraits d’une contribution au Sénat australien 30
5. La tentative européenne de réglementation des PFAS 33
5.1 Polymères PFAS : L’Agence Européenne de l’Environnement alerte sur les dangers de ces polluants éternels 33
5.2 Mais les producteurs de PFAS et les industriels de la filière font de la résistance 34
5.2.1 Chemours 35
5.2.2 3M 35
5.2.3 EVOLIS sur le projet de restriction des PFAS dans le cadre du règlement REACH 36
5.3 Loi PFAS de février 2025 et décret d’application de janvier 2026 : des engagements a minima 37
6. Pourtant, non, les PFAS ne sont pas nécessaires pour stopper le changement climatique 39
Conclusion 40
Sélection de références 42
Annexe 43

 

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Introduction

Les PFAS sont utilisés depuis longtemps dans une vaste gamme de biens de consommation, notamment les emballages alimentaires à emporter, les vêtements de pluie, les poêles à frire, les mousses anti-incendie, et beaucoup de produits industriels. Le futur scandale environnemental et sanitaire des PFAS et des pesticides (dont beaucoup sont des PFAS ou se décomposent en PFAS) se profile.

Le paradoxe qui consiste à encourager l’utilisation de substances chimiques PFAS nocives afin de créer des technologies capables de lutter contre le changement climatique suscite logiquement l’incompréhension.

Les scientifiques environnementaux affirment que les fluoropolymères qu’on retrouve dans les panneaux photovoltaïques, les éoliennes et les batteries nuisent à l’environnement tout au long de leur cycle de vie, et que la transition vers une énergie propre ne fera que perpétuer ce problème si elle repose sur les fluoropolymères.

Les industriels sont vent debout contre toute réglementation : « Les PFAS sont extrêmement utiles car ils assurent une excellente étanchéité et une protection optimale contre les intempéries», explique Jeffrey Dintzer, avocat spécialisé en droit de l’environnement au sein du cabinet Alston & Bird. « Il n’existe pas vraiment d’alternatives chimiques aussi efficaces. » (1)

Mais alors même qu’une dynamique émerge (trop) lentement pour remplacer les PFAS dans les énergies renouvelables aux États-Unis, dans l’UE et ailleurs, un acteur clé du secteur est à la traîne : la Chine produit actuellement plus de 80 % des panneaux solaires mondiaux et une part presque équivalente des batteries pour véhicules électriques.


Résumé

Nos sociétés et les écosystèmes sont envahis de produits industriels toxiques : pesticides, PFAS, plastiques, métaux, particules fines, résidus médicamenteux. Nous fonçons tête baissée vers de nouveaux scandales sanitaires.

Il est inacceptable que les technologies susceptibles de lutter contre le changement climatique exploitent sans retenue et sans contrôle, les pires substances chimiques PFAS, toxiques pour l’environnement et la santé humaine.

Le premier scandale est celui-là : les industriels créent et utilisent depuis plus de 70 ans des milliers de substances chimiques de type PFAS, tout en connaissant parfaitement les périls encourus pour la santé des humains et des écosystèmes. De façon tout à fait naturelle et sans aucune remise en question, ils ont exploité ces mêmes molécules toxiques dans les technologies prétendues vertes, et notamment dans les 1,5 milliards de panneaux produits en 2025.

Le deuxième scandale réside dans l’absence presque totale de recyclage des panneaux, car seulement 10% de ces artefacts sont recyclés, les autres sont enfouis ou incinérés. Et lorsque le recyclage est organisé, il n’est pas propre et il n’est pas complet : en France, seuls 60% des panneaux sont collectés et 15% de ces panneaux sont brûlés ou mis en déchetterie. Et bien sûr, le recyclage est lui-même énergivore.

Les premières vagues importantes de panneaux à recycler vont arriver au début des années 2030, et manifestement l’industrie du recyclage n’est pas prête.

La Chine n’est pas encore engagée dans la production de panneaux sans PFAS, ce qui rend impossible tout recyclage propre. L’Europe et les Etats-Unis tentent bien de réglementer la diffusion des PFAS, quelques entreprises européennes et américaines produisent des PV sans PFAS, mais cette industrie représente moins de 5% de la production mondiale.

Il est utile de rappeler ici que plus de 70% des mines de quartz (pour le silicium) sont situées en Chine, et environ 80 % des panneaux photovoltaïques sont fabriqués en Chine, avec un mix énergétique avant tout basé sur les énergies fossiles (la part du charbon en 2025 est encore de 55,5 %).

La France ne produit que 3% du silicium mondial, l’Europe produit moins de 2% des panneaux photovoltaïques (11 GW en 2025 alors qu’on a installé 600 GW au niveau mondial), donc l’Europe ne pèse pas malgré quelques velléités de modifier le cours des choses.

Les PFAS polymères exploités dans les panneaux solaires ne font pas l’objet de contrôle ni de restrictions, car réputés à tort comme ayant peu d’impacts. Non seulement, ils sont peu étudiés, mais il est avéré qu’ils se décomposent sur la durée de vie des panneaux (25 à 35 ans), sous l’influence de l’eau, du vent, des contraintes climatiques, en molécules plus petites dont les impacts sur les écosystèmes sont avérés. C’est le troisième scandale de cette industrie.

La pollution des sols, de l’eau, de l’air est avérée pendant toute la durée du cycle de vie : fabrication des polymères, fabrication des panneaux, exploitation des centrales, élimination en fin de vie.

Sous la puissante influence des lobbies industriels, la récente réglementation européenne et française n’est que partielle et ne concerne pas les PFAS polymères (ni d’ailleurs les pesticides). Les industriels ont donc encore un boulevard devant eux pour de nombreuses années.