Extractivisme et photovoltaïque

 

Sauf mention contraire, les écrits présentées ci-dessous ne sont pas ceux de la coordination nationale photorévoltée – qui peuvent se retrouver ici

 


 

La ruée minière au XXIe siècle,

enquête sur les métaux à l’ère de la transition,

Célia Izoard, édition du Seuil, 2024

 

Dans La ruée minière au XXIe siècle, enquête sur les métaux à l’ère de la transition, Célia Izoard présente la matrice extractiviste du capitalisme industriel, démontre qu’il n’y a pas de « mines responsables », et nous appelle à « nous constituer comme force d’interruption plus que comme force de proposition ». Extraits parus dans l’Empaillé, janvier 2024

 

Extraits :

« Bienvenue pour un voyage d’un autre temps dans des paysages extraterrestres », annonce la guide. A une heure de Séville, en Andalousie, je viens de prendre place dans le petit train affrété par la fondation Rio Tinto pour promener les touristes dans le célèbre bassin minier espagnol. Les wagons s’ébranlent vers la vallée aride et tout le monde sort son smartphone. (…)

En 1888, la pollution au soufre provoquée par la technique de la calcination des pyrites à l’air libre avait pris une telle ampleur que mineurs et villageois s’étaient unis contre l’entreprise. Un matin de février, hommes, femmes et enfants envahirent la mairie du village voisin de Zalamea aux cris de « A bas les fumées, vive l’agriculture ! ». L’après-midi, le gouverneur ordonna à la Guardia Civil de tirer sur la foule de 12 000 personnes réunie devant la mairie de Rio Tinto, faisant près de 200 morts. C’est cette mine qui à donné son nom à l’entreprise Rio Tinto, aujourd’hui troisième groupe minier de la planète – celui-la même qui nous accueille à bord de son petit train.

Mars sur Terre

Pendant une petite heure, nous avons le privilège d’observer de lugubres collines noires qui ressemblent à de la suie agglomérée, des « scories de fonderie ». Puis de magnifiques « dépôts d’acide sulfurique », succession de monticules rouges et gris qui, bientôt, font place à une vaste

plaine dite « cyanurée », poussière ocre vif à perte de vue. Wagons rouillés, débris de bois calcinés, montagnes de stériles encore, suivies d’étranges collines rouges ponctuées d’improbables petits étangs d’eau noire ou orange. Enfin, le clou du spectacle : le fleuve Rio Tinto lui-même, filet d’eau rouge dont l’acidité est telle que « rien n’y survivrait, pas un poisson, pas une grenouille : un écosystème unique au monde », s’enthousiasme la guide. (…)

« Appréciez, commente la voix, ce paysage étrange qui ressemble à la planète Mars. » D’ailleurs, qu’aperçoit-on au loin ? Un dôme blanc, semblable à une base spatiale. La NASA est venue avec ses chercheurs et ses astronautes réaliser quelques séances d’entraînement pour la conquête de Mars à Rio Tinto, dont les collines et les eaux privées de vie, hormis quelques organismes monocellulaires et autres bactéries mangeuses de soufre, rappellent la planète rouge.

La suite ici

 


Sans l’externalisation des problèmes environnementaux

dans les pays du Sud global,

le photovoltaïque et les innovations “vertes”

ne pourraient être déployés en Occident

 

Ch. Marée, Octobre 2025

 

Analyse d’un article (2022) d’Andreas Roos, Université de Lund, Département de géographie humaine, Suède

 

 

L’Allemagne est régulièrement citée en exemple car elle a développé depuis 20 ans une politique climatique ambitieuse visant la neutralité carbone en 2050, en déployant massivement des unités de production électriques renouvelables.

L’électricité ainsi produite est communément considérée comme propre, verte, vertueuse. Mais l’Allemagne a externalisé la fabrication de ses modules photovoltaïques en Chine. Elle a ainsi externalisé toute la charge environnementale en Chine et dans les pays fournisseurs de la Chine.

Comme le remplacement des fossiles par les renouvelables se fait sans diminution des flux, c-à-d en conservant les niveaux de vie occidentaux et en les généralisant à la planète entière, les inconvénients des fossiles sont remplacés par d’autres problèmes dont il n’est pas démontré qu’ils soient moins graves.

L’étude d’Andreas Roos montre que l’Allemagne ne pourrait pas déployer le photovoltaïque si elle n’avait pas déplacé la charge environnementale dans les pays du Sud. Cette conclusion peut être élargie à toutes les innovations de la croissance verte, et à tous les pays industrialisés.

Si l’Allemagne développait son photovoltaïque chez elle

  • le coût serait 15 foi plus important

  • l’énergie consommée serait multipliée par 40

  • la main d’oeuvre serait multipliée par 40

  • le CO2 produit serait 34 fois plus important

  • la surface au sol utilisée serait 115 fois plus importante

  • son retour sur investissement énergétique (EROI) serait divisé par 35.

Une extension sans fin de la technosphère impérialiste ne permet pas de maintenir une relation durable à long terme avec la biosphère, comme le prétendent les tenants de la croissance « verte ».

𝐂𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐫𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐚𝐭𝐭𝐞𝐢𝐧𝐭𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐫𝐨𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐱𝐞́𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐛𝐢𝐞𝐧-𝐞̂𝐭𝐫𝐞, 𝐥𝐚 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐦𝐢𝐭𝐞𝐬 𝐞́𝐜𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬.

 

 

 

 


La face cachée des énergies renouvelables

 

par Ch. Marée, octobre 2025

 

Extractivisme, pollutions, spoliation des ressources, esclavage moderne, néolibéralisme décomplexé,

coupes rases, sacrifice de la biodiversité

 

 

 

 

Synthèse -diaporama de l’article “La face cachée des énergies renouvelables”, octobre 2025

 

 


L’extractivisme :
la face cachée de notre mode de vie impérial

 

Ch. Marée, consultant indépendant, 2 septembre 2025, v13